Contribution de Véronique DUROUSSEAU, orthophoniste au CMP Corentin. 

 

Il était une fois un petit garçon appelé Hans. Hans en avait marre de ses parents, il en avait marre de l’école. Alors la maîtresse conseilla à sa famille de consulter au CMP, pas loin de chez eux. Hans eut peur, il crut que le CMP, c’était comme l’hôpital. Mais non, une maison dans un immeuble comme dans n’importe quel immeuble de la rue, pas loin de chez son copain Paul! Et puis, pas de blouse blanche, pas de piqûre non plus, ouf, c’était déjà ça !

 

Hans rencontrait une dame chaque semaine avec qui il jouait au « Qui est-ce ? ». Il aimait bien. En plus, il pouvait venir seul après l’école comme un grand parce que ce n’était pas loin, pas loin de l’école, pas loin de la maison!

Hans voyait aussi un monsieur avec qui il parlait. Il dessinait et il parlait. Hans parlait de son arrière grand-père. On lui avait dit qu’il avait vécu à Vienne en Autriche et avait dû quitter  son pays à cause de la guerre. Il parlait aussi de son grand-père  qu’il n’avait pas connu, très riche, il paraît qu’il avait un tableau chez lui, très cher, qui s’appelait « l’Origine du monde ».

Les gens du CMP allaient parler de lui à l’école, alors la maîtresse le laissait tranquille avec ses problèmes puisqu’on s’en occupait.

 

Et puis un jour, on dit à Hans qu’il devrait venir à ses rendez-vous sur les heures d’école parce qu’il n’y avait plus après la sortie, «  la dame à côté de la salle d’attente qui donne les rendez-vous ». « Oh, la, la ! Qu’est-ce qu’ils allaient dire les copains en classe? ».

Et puis juste avant les grandes vacances, on dit à ses parents que le CMP fermait, que les personnes qui s’occupaient du petit Hans travailleraient plus loin, au bord de la ville, et les parents du petit Hans dirent : « Ah ! Non, c’est trop loin, vous vous rendez compte toutes ces rues à traverser à son âge ! Et puis nous, on travaille, on peut pas l’accompagner ! ».

Le petit Hans fut triste tout soudain.

 

Alors, voila ! Aujourd’hui, l’équipe du CMP, 22 rue du Père Corentin, et d’autres dans le service, sont inquiets. On « vend » à l’IS6, le déménagement à l’IPP comme  une « opportunité architecturale » avec un « Centre Référence Enfance »

TAKATAKATAK*,

un « pôle d’excellence »

TAKATAKATAK**,

une « offre expertale »

TCHAKTCHAK***…

Nous, on sait que tout ça, c’est une question de restriction budgétaire, de Communauté Hospitalière de Territoire, que le CHSA se fiche royalement de savoir comment on travaille et avec qui.

Nous, on sait que les locaux de l’IPP ne sont pas adaptés, qu’il va y voir des postes en moins, que notre travail avec nos outils spécifiques, ne sera plus un travail de secteur en lien avec les partenaires (écoles, médecins, service sociaux etc.)

On l’a écrit au directeur du CHSA, on l’a crié au CTE du 27 juin 2013, on a prévenu nos partenaires, on a même vu quelqu’un à la mairie chargée de la santé.

Un collectif et une pétition sont à venir, on ira au CHS-CT exceptionnel demandé par Sud-santé… Nous, on n’a pas fini de nous entendre, car on a envie de travailler avec les petits Hans et leur famille mais pas dans n’importe quelles conditions.

 

                                                                       V.DUROUSSEAU, orthophoniste, CMP Corentin.

                                                   Ecrit à la demande de Sud-Santé à Ste Anne. Novembre 2013.

 

*,**,*** : Comme dirait T. Lhermitte dans « Quai d’Orsay », le film de Bertrand Tavernier.

 

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